Maria Rando Gonzalez, une chercheuse dans l’âme.

Maria Rando Gonzalez, une chercheuse dans l’âme.

On me pose souvent la question:

« Quelle formation faire après mon école pour me spécialiser dans telle ou telle discipline »

Je peux dire maintenant qu’en Qi Gong Thérapeutique et Médical, vous pouvez venir me voir 😊.

Mais chacun son domaine de prédilection.

Pour la pharmacopée chinoise par exemple, je recommandais souvent les stages de Jean-Christian Raoux qui nous a quitté récemment, Paix à son âme.

Pour l’oncologie, la formation de Christophe Andreau.

Pour le Zheng Gu Tui Na, celles de Tom Bisio et Frank Butler.

Mais pour le Tui Na et le Tui Na pédiatrique, c’est Maria Rando Gonzalez.

 

Maria Rando Gonzalez

 

J’ai demandé à plusieurs personnes qui sont spécialisées dans un domaine (médecine chinoise, arts martiaux internes, calligraphie…) de nous faire une présentation de leur parcours et de leur pratique!

Aujourd’hui c’est Maria Rando Gonzalez qui a eu la gentillesse de se prêter au jeu 😊.

Nous allons en apprendre plus sur Maria et le Tui Na pédiatrique Xiǎo er Tuīná (小推拿 ), merci Maria 🙏

Maria Rando Gonzalez, une chercheuse dans l’âme.

 

Le souffle de l’Orient et le goût de la recherche ont toujours circulé dans mes veines. De part mes liens ancestraux avec l’Inde, ceux-ci m’ont permis d’entrouvrir celui de la médecine traditionnelle chinoise. C’était comme une évidence, comme une respiration primordiale.

L’exploration de ces liens mémoriels avec l’Orient sur le plan personnel ou thérapeutique, m’a amené à pousser la porte de l’IMTC dont j’ai débuté mes études en 1991.

 

Mon intérêt pour le Xiǎo er Tuīná (小推拿 ) s’est révélé lors d’un stage en Chine. Dès mon retour de cette immersion à l’Université de Shanghai auprès du professeur Sun Ada , pour le service de tuina du Dr Zhou, pour le service d’acupuncture, mes motivations  étaient gonflées à bloc et sans aucun doute, j’avais renoué avec la suite de mon « Histoire ».

 

Donc, fraîchement diplômée, j’ai commencé à étudier le Xiǎo er Tuīná (小推拿 ) avec frénésie en tant qu’autodidacte. Il faut savoir qu’à l’époque très peu d’ouvrages existaient sur le marché, donc mes recherches ont été laborieuses, j’ai du me débrouiller avec les moyens du bord. Ensuite c’est la pratique en cabinet qui a pris le dessus. Au fur et mesure de ma pratique auprès des enfants et des leçons que j’ai apprises avec eux, je suis devenue une des rares thérapeutes, spécialisée en Xiǎo er Tuīná (小推拿 ) en France. Aujourd’hui et 25 ans plus tard, la prise en charge des enfants représente une partie importante (70%) de ma pratique clinique en cabinet, le reste étant exclusivement dédié au Tuina, techniques manuelles chinoises, branche de prédilection en ce qui me concerne, tant les résultats en sont époustouflants.

 

 

En 2004, je fonde le CFTMC (centre de formation de techniques manuelles chinoises) : une école de Tuina, spécialisée en techniques manuelles chinoises.

De part mon goût de la recherche, ma passion pour la médecine traditionnelle chinoise et la pédiatrie, j’ai encore approfondi et étudié les différentes méthodologies du Xiao er Tuina (小推拿 ).

En 2006, je décide de faire connaître le Xiǎo er Tuīná (小推拿 ) en essayant de publier un ouvrage sur le sujet. Dans d’autres circonstances, j’aurais attendu d’avoir une longue expérience clinique avant d’oser écrire un livre comme « le manuel de tuina pédiatrique »  (ed CFTMC) mais la pratique clinique soulignait l’importance de prendre en charge les touts petits et c’est ce qui a déterminé la composition de ce travail, dans lequel, en plus de ma propre expérience, j’ai essayé de rassembler les expériences, idées et le génie des confrères comme Fan Ya Li, Cline, Birch, et d’autres ; puis j’ai échangé avec Julian Schott et le Dr Elisa Rossi, cette dernière ayant mis en place un dispensaire exclusivement pédiatrique à Milan « Xiaoxiao ». Mes motivations se sont renforcées au fil du temps : mettre en œuvre et aider les enfants à faire face à la prise d’antibiotique, certains médicaments, et apporter un soulagement aux symptômes comme une otite, une indigestion, une dermatite, etc….

 

En 2010 j’ai rencontré lors d’une de mes formations Sylvie Barberousse, sage-femme acupunctrice qui grâce à son ouverture et son aide, m’a permis d’élaborer une prise en charge de la femme enceinte par le Tuina. A l’époque je l’ai nommé « Tuina Obstétrical » et par la suite, il est devenu « An Mo Obstétrical » grâce à la collaboration, et la pertinence des réflexions sur les possibles axes de travail, Delphine Grosso, sage femme ostéopathe et praticienne MTC. Elle est depuis ma plus proche collaboratrice, nous oeuvrons sans relâche à la prise en charge des nourrissons et des troubles d’asymétrie.

 

Dans le cadre de mon travail de recherche et des applications du Xiao Er Tuina, j ‘ai été amené à superviser une mise en applications sur les prématurés en milieu hospitalier. Ce travail (qui n’avait jamais été fait à ce jour en France) avait été effectué dans un service de néonatalogie par une de mes élèves, Cynthia Desmoyers, qui à l’époque travaillait en tant qu’infirmière en réanimation néonatale. Courant 2014, il a été possible de mettre en place quelques prises en charge en Xiao er Tuina sur des prématurés à grande difficulté au niveau respiratoire, En complétant ainsi la prise en charge de la détresse respiratoire du prématuré, il a été proposé  de soutenir davantage l’enfant né prématurément en optimisant d’une part ses fonctions respiratoires et permettant d’autre part d’écourter la durée de ventilation assistée. Les recherches sont aujourd’hui à l’arrêt à cause d’un manque de moyen humain et logistique.

 

Au même moment et face aux problèmes de résultats très mitigés des techniques de Xiao Er Tuina sur certains enfants, une nouvelle piste de recherche s’est ouvert à moi, celles de la découverte du Syndrome KISS et de la prise en charge des ces enfants. Le syndrome de KiSS touche les nouveau-nés.(KiSS est l’abréviation de : Kopfgelenk Induziert Symetrie Störungen) qui peut se traduire par “Troubles de symétrie induits des vertèbres cervicales”. Les “KiSS Kinder” sont des enfants qui montrent des perturbations de la symétrie, induites par les articulations de la jonction crânio-cervicale. (Attitude en inclinaison et hyperextention fixée).

La littérature sur le sujet est pauvre, et la pratique clinique en MTC inexistante. Mes recherches ont fini par me conduire auprès du Dr Larcher (médecins ostéopathe) et Soizic Carron de La Carrière (ostéopathe) avec qui nous collaborons toujours aujourd’hui. Le socle des textes chinois sur lesquels je me suis inspiré et sur lesquels j’ai travaillé se situent dans le Yili Zhenchuan, Shang Han Lun (ed ; Institut Liang Shen) entre autres. Plus tard j’ai étudié les techniques du Shonishin auprès de Sensei Shin Suzuki et Yamashita de l’Université de Médecine Morinomiya à Osaka et j’ai pu développé mon propre style en pédiatrie sino-japonaise. En ce moment, j’élabore mes premiers axes de travail pour la prise en charge des enfants KISS. Les travaux sont toujours en cours avec l’aide de mes élèves, de Delphine Grosso, Frédéric Breton et d’Abel Glaser et les premiers résultats sont très prometteurs. De toute cette aventure, finalement humaine, j’en retiendrai que l’on ne peut avancer seule mais avec l’aide des autres. La recherche est un travail de fourmi, de patience et de pertinence dans l’action à mener.

 

Au fil des années, j’ai enseigné et rencontré de nombreux praticiens MTC qui ne traitent presque jamais les bébés et les enfants. Pourquoi ? Parfois la cause est un manque d’intérêt, une confusion des informations qui parfois sont erronées, une crainte de prendre en charge un enfant parce que ce qu’ils ont appris ne convient pas au traitement des enfants. Un autre problème qui rend difficile cette prise en charge, est de croire que le traitement acupunctural qu’ils utilisent sur les adultes peut être adapté simplement en modifiant les techniques dans une certaine mesure en les rendants plus souples et que le Bian zheng et le traitement peuvent être utilisés comme chez les adultes. Je pense que c’est une hypothèse déraisonnable. Bien sûr, la physiologie de base doit être la même ou très similaire ; les enfants respirent, mangent, boivent, digèrent, excrètent, dorment, bougent, etc. Ce sont les mêmes organes que les adultes utilisent. Ils ont besoin des mêmes systèmes de base pour effectuer ces tâches. Mais il existe des différences fondamentales sur la façon dont les choses se produisent, le taux et la qualité des changements qui rendent les enfants fondamentalement différents de la plupart des adultes quand il s’agit de la manière dont ils répondent au traitement et donc comment le traitement peut être appliqué.

 

En mettant l’accent sur ces différences et en soulignant les caractéristiques des enfants, ils sont très sensibles et peuvent donc être influencés par très peu de choses ; il est possible de développer une approche pratique du traitement des enfants qui est beaucoup moins complexe théoriquement.

 

 

Lors de mes formations de pédiatrie sino japonaise ®, j’essaye d’expliquer et de mettre en évidence ces problèmes pour montrer comment, indépendamment de la complexité d’un syndrome, nous pouvons trouver des solutions adaptables et pratiques avec un syndrome plus simple. C’est la clé pour comprendre l’approche de traitement pour les bébés et les enfants.

 

Quelle place l’enfant occupe-t-il dans un monde en devenir ?

 

Est-ce que l’un des rôles de l’enfant n’est pas de s’individuer en adulte responsable et autonome ?

 

La période qui entoure la naissance et l’enfance, représente le maillon critique sur lequel il est possible d’agir. La priorité est de remettre en cause la conscience qui accompagne la gestation, la façon de faire naître les bébés, enfin l’accompagnement du futur adulte.

 

D’un autre point de vue et dont tout le monde peut s’accorder à reconnaître l’importance, c’est que l’être humain à besoin de l’eau, de l’air, des minéraux… pour vivre. Nous mangeons des plantes et des animaux qui  constituent notre corps. Aujourd’hui, l’environnement auquel les enfants sont confrontés, inclut des dangers inconnus ou insoupçonnés il y a quelques décennies.

 

On ne parle plus de « nourriture » mais de « bouffe » qui désigne cette matière surabondante, frelatée, manipulée, polluée et on commence enfin à faire le rapprochement de cause à effet entre la nourriture et le véritable fléau des pathologies dites de civilisation qui, en dépit de nos connaissances, de nos équipements médicaux les plus sophistiqués, ne cessent de s’étendre. La nourriture, l’air, l’eau, attributs fondamentaux de la vie, garants de la vie depuis les origines, deviennent peu à peu les complices de la mort.

 

L’alimentation est le souffle de la vie et son équilibre doit se construire au plus jeune âge, en particulier chez les femmes, qui plus que jamais portent en elles l’avenir de l’homme et de l’humanité…

 

Ne faudrait-il pas se mettre dans une attitude de réceptivité, de recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, gratitude et jubilation ? Ne serait-ce pas là la plénitude de la vie, garant de la santé ?

 

Comme dit Claude Larre  : « L’homme est comme un végétal qui s’élève d’une racine terrestre le long d’une tige pour toucher le Ciel, origine de la Vie… C’est la poussée de Vie… ». Qu’est-ce que cela suppose ? Que la tige soit bien enracinée dans un territoire qui la nourrit et avec laquelle elle forme une unité dynamique ?  Que penser alors de l’état de cette terre dévitalisée qui nous nourrit ? Quelles sont les quintessences que notre élément Terre, va-t-il pouvoir extraire ? Toucher le Ciel sans racines de vie est-ce possible ? Être disponible à accueillir le Ciel, est-ce possible sans la matière ?

Le surgissement de l’être humain et des sociétés implique qu’un sol ferme a pu être trouvé antérieurement.

 

L’élan de la tige, le  bond, le surgissement de l’être humain, qui est de l’ordre de l’instant et du spontané,  saurait-il s’accomplir sans un appui sur une terre solide ? Le surgissement est le propre de « la puissance d’exister » . Le surgissement, la reliance, appellent l’enracinement pour devenir humain. L’acte de relier  est le fondement même du vivant. L’absence de reliance fait naître la violence. Une violence souvent sous-jacente, insidieuse, vient d’un besoin existentiel ignoré, de liens affectifs absents, de projets inexistants, de l’absence d’ancrage dans une histoire vécue, d’une image fossilisée de Soi-même ou de l’Autre, figée sous une étiquette définitive, ou d’une impossibilité à imaginer, la désertification de notre imaginaire, comme celle imposée par les enfermements de toutes sortes, physiques, affectifs, mentaux, … » Il faut fouiller la terre pour accéder au ciel, être le terreau de soi-même »  Frédéric Lenoir.

 

Il est en effet essentiel que nous prenions conscience du danger de la contamination chimique sur la vie tant des animaux et autres organismes présents dans l’environnement, que celle des hommes. C’est parce que l’environnement est contaminé par les produits chimiques issus de nos activités ou présents dans notre vie quotidienne que notre sang sur trois générations est également contaminé dans toute l’Europe. Les risques pour la santé sont d’autant plus importants que l’on s’aperçoit que le lait maternel et même le sang des cordons ombilicaux sont contaminés par un cocktail de produits chimiques qui expose les futures générations dès les premiers stades de leur vie dans le ventre maternel.

 

Dans les pays industrialisés, un certain nombre de maladies chroniques, y compris l’asthme, le cancer et certains problèmes de développement, ont remplacé les maladies infectieuses comme causes principales de maladie et de mort chez les enfants. Tandis que ce développement est dû en partie au contrôle des maladies infectieuses dans les pays les plus développés, il provient aussi du développement croissant des maladies chroniques.

 

L’Histoire de la massothérapie pédiatrique

Le Xiao er Tuina a été développé à partir du Tuina pour des adultes.

Cette méthode thérapeutique de prévention, non douloureuse, économique et sans effet secondaire pour les enfants en particulier, a trouvé son application de perfectionnement progressif réalisé dans le traitement des maladies infantiles à l’époque des Ming (1368-1644).

 

Avec la large diffusion du massage pour enfants, se multiplièrent les ouvrages consacrés à cette spécialité, dépassant même en nombre les livres destinés aux adultes à l’époque des Qing (1644-1911).

 

« Le classique des merveilleuses techniques de massages pour la protection des bébés » (Bao Ying Shen Shu An Mo Jing-保 婴 神 术) est un appendice du livre Zhen Jin Da Cheng (Grand précis d’acupuncture et moxibustion) publié par le Dr Yang Ji-Zhou (1601). Il expose l’utilisation du massage pour les maladies du premier âge.

 

 

En 1604, faisant le bilan des expériences de l’ancienne en massothérapie, Gong Yunlin rapporte ses expériences dans le « Travail Secret du massage chez les enfants », une exposition méthodique du diagnostic des lignes digitales, des manipulations et des points de massage. Il a décrit un grand nombre de maladies infantiles, avec des illustrations, sous la forme de chansons faciles à mémoriser. Ce traité de massothérapie, le plus ancien préservé à ce jour, a posé une base solide pour la propagation et le développement du massage en pédiatrie. Objet de discrimination pendant la période Qing (1644-1911), particulièrement après la guerre de l’opium (1840-1841), la massothérapie n’était pratiquée que par le peuple.

 

En 1676,  « Introduction générale au massage chez l’enfant » (小儿 推拿 广 意 » Xiao Er Tui Na Guang Yi ) fût publié, écrit par Xion Yunyin, un expert en massage. Le premier volume est une exposition de la théorie du massage et des méthodes de diagnostic des maladies infantiles, accompagnée de vingt illustrations. Le deuxième volume décrit les modalités de massage pour le traitement des conditions habituelles chez les enfants. L’attention portée à la pratique cet ouvrage reçu un bon accueil et une large diffusion du travail.

 

En 1691, Luo Rulong, spécialiste en pédiatrie et grand massothérapeute, rédige le « Livre secret  du massage » (Xiao Er Tui Na Mi Jue-幼 科 推拿 秘书) en cinq volumes, traitant systématiquement des méthodes de diagnostic des maladies infantiles, de l’emplacement des points de massage, des différents techniques de massage ainsi que le traitement de diverses maladies grâce à la massothérapie. En 1776, Qian Ruming a révisé et publié « Les clés du tuina authentique » (厘正 按摩 要 术 » Li Zheng An Mo Yao Shu), écrite et annotée par Zhou Yufan, de l’ère Ming. Le premier volume de cet ouvrage contient des indications générales sur les méthodes de diagnostic et de manipulation, le second présente les symptômes pathologiques et les prescriptions du massage, enrichies par les dessins des points et des massages. Ce travail est une référence précieuse pour la pratique clinique du massage pédiatrique.

 

 

La massothérapie pédiatrique avait ainsi connu une période de développement et de diffusion, sous les dynasties Ming et Qing, qui aurait constitué selon certains auteurs son véritable début. Les travaux réalisés jusque-là devaient apporter une grande contribution au progrès et à la diffusion de cette discipline. Avec la diffusion généralisée du Xiao Er Tuina, les ouvrages consacrés à cette spécialité se sont multipliés, dépassant même, en nombre, les livres dédiés au Tuina chez l’adulte. Vers le milieu des années 50 du XXe siècle, un grand nombre de médecins âgés, renommés pour leurs connaissances en médecine traditionnelle, ont été invités à donner des conseils dans les grands hôpitaux nationaux et un effort important a été fait pour récupérer le patrimoine médical chinois, en particulier celui de ses principales spécialités. Le massage a ensuite connu des progrès sans précédent: partout où il y avait des consultations, des services de Tuina.

 

Au cours des mouvements de la révolution culturelle, un grand nombre de masseurs ont été contraints d’abandonner leur profession: l’arrêt presque complet a eu lieu à la fois dans la pratique et dans l’étude du massage. Ces dernières années, le Tuina a repris son développement et promet de nouveaux succès. En 1979, le premier congrès sur le massage a eu lieu à Shanghai. Des associations d’étude de massage ont commencé à fonctionner activement dans diverses villes et provinces pour promouvoir la recherche scientifique dans le secteur. Les prochaines années verront une diffusion plus large du Tuina, qui gagnera en popularité.

 

LA PEDIATRIE SINO JAPONAISE ® : deux outils aux services des enfants

 

Le tuina pédiatrique (Xiao Er Tuina)- théorie des Zang Fu

La particularité fondamentale de cette discipline médicale provient du fait que chez le nouveau-né, la formation des organes et entrailles n’est pas encore achevée ; le sang et l’énergie ne sont pas encore bien déterminés ; les méridiens sont à peine constitués, les phénomènes de vide et de plénitude sont fréquents ; de plus, l’enfant ne peut pas exprimer par des gestes ou des paroles ce dont il souffre.

 

L’âge approprié pour un traitement de tuina pédiatrique

Tuina pédiatrique est une technique spéciale de massage pédiatrique. Il est spécifiquement conçu pour la prévention et le traitement de maladies pédiatriques et utilise des points qui sont spécifiques aux enfants. Ainsi, le Tuina pédiatrique est seulement approprié pour le traitement d’enfants en-dessous de 12 ans. Ses effets sont particulièrement intéressant chez les enfants en-dessous de 5 ans. En général, on peut dire que, plus l’enfant est jeune, plus efficace est cette méthode de traitement. Pour les enfants de plus de 5 ans, ce traitement doit être combiné au Tuina de l’adulte.

 

 

Voici certains de ses avantages:

  1. Large portée, traitement facilement accepté par les patients

Comme dans le traitement des adultes, le Xiao Er Tuina produit chez l’enfant, un effet stimulant, obtenu par I’action mécanique de la main, permet de rétablir l’équilibre physiologique de l’organisme et d’assurer une fonctionnalité physiologique normale appropriée pour renforcer la résistance du corps et éliminer le facteur pathogène. Pour ces raisons, il agit dans un grand nombre de situations tels que: RGO, la jaunisse du nouveau-né, les pleurs nocturnes, les stagnations (énergie vitale, parasites digestifs, intestinaux), crises aiguës ou subaiguës de vomissements, diarrhée ; syndrome de malnutrition, fièvre, rhume, coqueluche, oreillons, conjonctivite aiguë, énurésie, prolapsus anal, constipation, raideur du cou musculaire infantile, subluxation de la tête radiale, conséquences de la poliomyélite , obstruction intestinale due aux ascarides. Des résultats satisfaisants peuvent être obtenus en traitant ces maladies par le Xiao Er Tuina.

 

  1. Un traitement simple, économique et indolore

Si nous excluons la petite quantité de substances (poudre de talc, paraffine liquide, glycérine et solution d’alcool), le Xiao Er Tuina ne nécessitent pas de médicaments ni l’utilisation d’outils spéciaux. Il suffit d’effectuer correctement les techniques de massage et, compte tenu des symptômes, choisir soigneusement le point à masser. Il est donc nécessaire d’adopter une méthode appropriée de tonification ou d’élimination du facteur pathogène. Les traitements peuvent être effectués n’importe où et à faible coût. De plus, il n’y a pas d’opposition de la part de l’enfant, qui, dans la plupart des cas, les médicaments sont difficiles à avaler et les injections désagréables et douloureuses. Une comparaison entre le traitement de la diarrhée infantile à travers le massage et l’utilisation des médicaments, effectuées par un hospitalier de Shanghai, a indiqué que la guérison par la première méthode coûte 1,4 yuans à 3,5 séances de massage, tandis que le traitement avec les médicaments ont nécessité 12,8 yuans et huit consultations. Même si l’on augmente le nombre de séances de massage et que l’on diminue le nombre de consultations, le traitement par massage reste moins cher et plus rapide.

 

  1. Courte durée du traitement – effets rapides

L’une des caractéristiques des enfants est «la fragilité, l’immaturité physique et fonctionnelle de leurs organes». En particulier, pendant la période d’allaitement, la nourriture irrégulière ou les soins inappropriés peuvent provoquer une maladie qui évolue rapidement. D’autre part, parce que le jeune organisme en pleine croissance a une grande vitalité, ses organes et ses activités fonctionnelles, très sensibles, réagissent avec rapidité et force, ce qui signifie que, dans l’évolution de la maladie, le retour dans l’état normal, il se produit habituellement sans difficulté excessive. La pratique du Xiao Er Tuina a démontré que plus le patient est jeune, plus le traitement est court et plus l’efficacité est rapide. Une séance de massage dure habituellement de 15 à 20 min, et une seule séance (ou trois tout au plus) suffit pour que la plupart des enfants malades puissent se rétablir complètement.

 

  1. Sécurité et absence d’effets secondaires

Avec le Xiao Er Tuina, la guérison est obtenue grâce à un effet de stimulation mécanique produit par des mouvements effectués dans certains points ou zones de la surface du corps. Ainsi, il suffit d’identifier précisément la cause du déséquilibre et d’effectuer correctement les manipulations sur les points appropriés: on n’aura à craindre aucun accident et, encore moins, des effets secondaires.

 

Les techniques manuelles du Xiao Er Tuina

Les techniques de tuina pédiatrique regroupent des mouvements simples. Ce sont des mouvements spécifiques qui exigent de l’habileté, souplesse, régularité, rapidité et endurance.

 

Les points spéciaux du Tuina pédiatrique sont surtout répartis sur les mains et les avant-bras. Il y a moins sur la tête et le visage et encore moins sur le thorax, l’abdomen, le dos et les membres inférieurs. Les points spéciaux du Tuina pédiatrique ne sont pas reliés au système des méridiens comme le sont la majorité de points utilisés dans le Tuina adulte. Ainsi la théorie de leur utilisation est plus simple à maîtriser.

 

LE SHONISHIN-Théorie des canaux

Le Shonishin, est une méthode d’acupuncture japonaise sans puncture (pénétration de la peau), sans agressivité, manipulé par effleurement ou de très léger tapotement rythmique ou grattage.

Cette forme d’acupuncture spécialisée pour le traitement pédiatrique a été développée  au Japon il plus de 250 ans.  Cela a été mis au point au fil du temps avec un certain nombre d’outils spécialisés tels que le Teishin, une sorte de poinçon pour stimuler les points sans jamais percer la peau.

 

Le terme «Shonishin » est un une traduction japonaise de l’expression chinoise  « erzhen ». Il signifie littéralement «l’aiguille des enfants» ou «acupuncture des enfants. » Cependant, aujourd’hui, le terme japonais Shonishin se réfère à une tradition qui remonte du 17ème siècle.

 

Le Shonishin utilise une variété d’instruments inspirés des 9 aiguilles décrites dans le Zhen Jiu Da Cheng. Trois de ces aiguilles (enshin, Teishin, et le zanshin) – sont considérées comme la base pour la pratique de Shonishin. Au fil des années, de nombreux outils et techniques complémentaires ont été conçus spécifiquement pour le traitement pédiatrique. Aujourd’hui, il y a environ une demi-douzaine de différents outils dans une trousse de Shonishin, dont aucun ne pénètrent dans la peau.

 

 

Le développement du Shõnishin est basé sur l’école Daishi, l’école la plus répandue au Japon, ainsi que sur le modèle du développement énergétique. Ce modèle a été mis en pratique pendant les dernières décennies. Il réunit la médecine traditionnelle sino-japonaise avec les toutes dernières connaissances dans les recherches des bébés et il est la base du développement Shõnishin. Il tient compte des niveaux de développement moteur, sensoriel, émotionnel et énergétique de l’être humain du point de vue de la physiologie, psychologie et de la compréhension occidentale du développement des méridiens. Les approches de traitement proposent un outil complet, vaste et global utile du nourrisson jusqu’à l’âge adulte.

 

Shonishin n’est pas seulement une technique sécuritaire et efficace, mais avec de légères modifications, les bases peuvent être enseignées aux parents ou à un adulte avec un minimum de bon sens pour poursuivre et consolider les résultats en consultation avec un traitement à domicile, ou même avec un peu plus de préparation, être en mesure de traiter de nombreux problèmes courants de l’enfance.

 

L’évaluation de la juste stimulation peut être perçue au niveau de la fréquence du pouls, de la modification de la texture et de la qualité de la peau, ce qui aide dans le pronostic de la stimulation et du traitement. Il est important d’être former à développer la sensibilité au niveau des mains pour sentir ces changements. Généralement, la peau, la chair et les muscles des bébés sont fragiles et souples, et si l’enfant est malade la peau perd de sa souplesse et son éclat. Au moment du traitement, en particulier le suivi de la texture de la peau de la zone traitée se modifie, et l’on peut considérer que la première étape du traitement est terminée et que l’on peut passer à l’étape suivante. En raison des caractéristiques des enfants, y compris de la relative immaturité des méridiens et des points, l’utilisation de ceux-ci peuvent être combinés en fonction des syndromes avec d’autres.

 

Déroulement d’une séance

Avant le début de la séance, le praticien doit avoir un aperçu en posant des questions directes sur le déroulement de la grossesse et de l’accouchement, le développement postnatal de l’enfant et, si possible, de la qualité de Jing des parents (âge des parents quand ils ont conçu l’enfant, prédisposition familiale à certaines maladies et l’âge des grands-parents). De la même manière, il faut se renseigner sur l’environnement dans lequel l’enfant grandit. Le traitement est basé sur le diagnostic constitutionnel de l’enfant, avec des questions (observation des parents) et l’observation du praticien, afin de découvrir les troubles ou des aspects importants des déséquilibres des Zang Fu correspondants. D’autre part, il y a aussi le diagnostic par palpation : examen de la peau de l’enfant, de la veinule de l’index, de la palpation des ganglions, de l’observation du dos et d’un examen abdominal spécifiquement japonais qui apporte des informations sur l’état énergétique de l’enfant.  Chez les nourrissons l’examen de la peau et du teint joue un rôle clé, en particulier parce que dans les premiers stades de la vie les organes internes ne sont pas encore manifestés clairement dans leur intégralité.

Maria Rando Gonzalez

Pour en savoir plus

http://xiaotuina.blogspot.fr/

http://xiaotuina-formation.blogspot.fr/

http://formation-tuina.blogspot.fr/

http://le-tuina-an-mo.blogspot.fr/

Bonne énergie!

Fatah 

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